Maquis
Anecdote
Petit bijou solo signé Jake Staines et publié par Side Room Games, Maquis met le joueur dans la peau d'un chef de résistance dans un village français occupé entre 1944 et la Libération. Chaque tour, le joueur place ses agents — saboteur, recruteur, faussaire — pour mener des missions, échapper aux patrouilles allemandes et accomplir les objectifs imposés par le commandement allié. Le système est minimaliste mais d'une richesse stratégique remarquable, avec une carte modulaire et des règles tenant sur un livret de quelques pages. Une partie se boucle en trente à quarante minutes, ce qui en fait un compagnon idéal pour les courtes soirées ou les voyages. La courbe d'apprentissage est très douce et le titre conviendra aussi aux amateurs de jeux abstraits curieux d'histoire. Staines voulait offrir une expérience claustrophobique fidèle à la réalité du maquis, où chaque décision peut envoyer un camarade au peloton. Les illustrations sont sobres, presque graphiques, à la manière d'une affiche de résistance. Le jeu repose sur un système de patrouilles aléatoires qui simule à merveille l'incertitude permanente de la clandestinité. Salué pour son économie de moyens et sa puissance évocatrice, Maquis a été nommé dans plusieurs catégories de prix solo et thématique. Sa réédition par Side Room Games avec extensions Resistance Pack a élargi le jeu à de nouveaux scénarios et de nouveaux agents. L'influence du titre est sensible dans la mouvance des micro-wargames solo, en plein essor depuis 2015. Une version française reste rare et précieuse pour les collectionneurs francophones. Le jeu a aussi inspiré des designers comme Tom Russell ou David Thompson dans leur approche du worker placement à thème historique. Maquis prouve qu'un grand jeu de résistance peut tenir dans une petite boîte et que l'émotion historique ne dépend ni du nombre de pions, ni de la longueur des règles.
Popularité & réception
Distinctions — Golden Geek - Best Solo Board Game nomination (2014)

