Au lendemain de la capitulation française, les centaines de milliers de Belges partis sur les routes en mai se retrouvent bloqués en France, souvent démunis, loin de chez eux, dans un pays lui-même occupé. La fuite n'a offert aucun refuge durable : l'Allemagne a tout envahi.
Pour ces familles, dont la vôtre, se pose la question du retour. Rester en France, c'est demeurer dans le dénuement, sans travail ni logement assuré, dépendant d'une solidarité épuisée. Rentrer en Belgique, c'est retrouver maison, terres et emploi, mais sous administration allemande, et après un voyage de retour long et incertain.
Les autorités allemandes, soucieuses de remettre le pays au travail, encouragent le retour des réfugiés. Vous pouvez rentrer au plus vite pour récupérer votre foyer et reprendre une vie normale sous l'occupation ; rester en France en espérant des jours meilleurs ou un passage vers l'Angleterre ; ou attendre et observer avant de décider. Le choix détermine où votre famille passera les années d'occupation.
Notre famille réfugiée doit-elle rentrer en Belgique occupée, rester en France, ou attendre ?
L'écrasante majorité des réfugiés choisit A : dès l'été 1940, le grand reflux ramène la quasi-totalité des Belges chez eux, encouragés par l'occupant qui veut relancer l'économie. Ils rentrent dans un pays sous administration militaire allemande, où il faut reprendre le travail, composer avec le rationnement et l'occupant. L'exode et son retour laissent un sentiment d'humiliation et d'inutilité — on avait tout quitté pour rien — qui marquera durablement la mémoire de mai-juin 1940. Quelques-uns, refusant l'occupation, choisiront l'exil ou la Résistance.









