Après la débâcle, des soldats alliés — britanniques surtout, mais aussi français — se retrouvent égarés derrière les lignes, n'ayant pu rejoindre Dunkerque. Cachés dans les campagnes, blessés ou affamés, ils cherchent à échapper à la capture et, parfois, à rejoindre un pays neutre pour regagner l'Angleterre.
Pour vous, famille belge qui découvrez l'un d'eux, le choix est lourd de conséquences. L'héberger et le cacher, le nourrir, l'aider à fuir : c'est un acte de solidarité et de résistance, mais passible des peines les plus sévères, jusqu'à la mort, si l'occupant le découvre — et la dénonciation menace. Le livrer aux autorités, par peur des représailles sur toute votre famille. Ou l'aider brièvement (nourriture, vêtements civils) sans le loger, pour limiter le risque.
C'est l'un des premiers grands dilemmes moraux de l'occupation : faire passer la solidarité avant la sécurité des siens, ou l'inverse. Ces situations, multipliées, donneront naissance aux futures filières d'évasion qui aideront tant d'aviateurs alliés.
Notre famille doit-elle cacher le soldat allié, le livrer, ou l'aider brièvement sans le loger ?
Beaucoup de familles, au péril de leur vie, choisissent A ou C : dès l'été 1940, des soldats alliés égarés sont cachés, nourris, vêtus en civils et aidés à fuir. Ces gestes spontanés et risqués — héberger un « ennemi » de l'occupant était passible de la peine capitale — sont à l'origine des grandes filières d'évasion belges (comme le futur réseau Comète), qui exfiltreront des centaines d'aviateurs alliés vers l'Espagne. La répression sera féroce : nombre de ces résistants de l'ombre paieront de leur liberté ou de leur vie. L'aide aux soldats alliés compte parmi les premières et des plus dangereuses formes de résistance civile.









