Les Français de Londres — qui rejoint ?
Notre soldat français est l'un des dizaines de milliers évacués de Dunkerque vers l'Angleterre, ou ramenés du corps expéditionnaire de Narvik à la mi-juin. Débarqués sur la côte sud, ils sont regroupés dans des camps de transit — Olympia à Londres, Aintree, Trentham. À ces hommes s'ajoutent les marins des escadres françaises présentes dans les ports britanniques, dont une partie sera bientôt saisie de force lors de l'opération Catapult. Parmi les unités présentes figure la , de retour de Narvik, et des chasseurs alpins aguerris.
L'armistice change tout. Une alternative leur est posée : rentrer en France, où Vichy organise le rapatriement, ou rejoindre « le général de Gaulle », nom que beaucoup découvrent et qui ne représente encore presque rien. Pour des hommes épuisés, coupés de leurs familles et inquiets de leur sort, la tentation du retour au pays est forte.
L'enjeu, pour la France Libre naissante, est vital : sans ralliements, de Gaulle restera un général sans troupes. L'ampleur réelle de ce ralliement reste alors incertaine, à un moment où le mouvement n'a ni légitimité établie ni perspective claire de victoire.
Combien de ces Français présents au Royaume-Uni rejoignent de Gaulle au 1er août 1940 ?
La réponse documentée est B : environ 7 000 hommes se rallient au 1er août 1940. Le noyau vient de la (de retour de Narvik), de chasseurs alpins et des marins ralliés autour de l'amiral Muselier. Sur quelque 30 000 militaires français présents au Royaume-Uni, la grande majorité — plus de 20 000 — demande à être rapatriée en France, et les retours s'organisent dès l'été. C'est un crève-cœur pour de Gaulle. La France Libre commence donc petitement, fondée sur une poignée de volontaires, avant que l'Empire (Afrique équatoriale, ralliements de l'été et de l'automne 1940) ne lui donne une assise territoriale et un poids croissants.









