De Gaulle chez Churchill — 9 juin
Sous-secrétaire d'État depuis 4 jours, effectue le 9 juin sa première mission à Londres. Reynaud l'envoie porter une demande pressante : que Churchill engage immédiatement en France les dernières escadrilles de chasse Hurricane disponibles. Weygand voulait lui refuser un avion ; de Gaulle a fait jouer Reynaud pour partir.
Il rencontre à 10 Downing Street en fin d'après-midi. C'est leur premier face-à-face direct : de Gaulle parle un anglais correct, Churchill un français approximatif. Le Français mesure la situation mieux que beaucoup à Paris : il sait que l'armée ne tiendra plus longtemps et que Reynaud hésite, encerclé par les partisans de l'armistice.
La mission officielle — obtenir des avions — a peu de chances d'aboutir, car Churchill veut garder ses chasseurs pour défendre l'Angleterre. Reste à de Gaulle à décider du registre : s'en tenir à la requête de Reynaud, ou préparer discrètement Churchill à l'hypothèse d'une France qui poursuivrait la guerre autrement — voire avec un autre interlocuteur que le gouvernement en place.
Londres, 9 juin 1940, de Gaulle porte à Churchill la demande pressante de Reynaud : quel registre adopter dans l'entretien ?
De Gaulle retient surtout l'idée de doubler la mission : il évoque devant Churchill l'idée d'un réduit breton et la poursuite de la guerre depuis l'Empire, tout en transmettant la demande d'avions, qui n'aboutit pas. La rencontre marque les 2 hommes. Churchill notera dans ses mémoires sa première impression d'un « jeune et grand personnage, impassible, imperturbable ». Cette entrevue noue une relation appelée à devenir centrale — et orageuse — de la France Libre. Neuf jours plus tard, c'est à Londres que de Gaulle lancera son Appel. Le 9 juin n'apporte aucun Hurricane, mais il installe de Gaulle dans le paysage britannique au moment précis où la France s'effondre.
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