De Gaulle entre au gouvernement — 5 juin
Ses contre-attaques de Montcornet (17 mai) puis d'Abbeville (28-30 mai), menées avec la , ont donné à , 49 ans, une stature militaire qui dépasse sa modeste . Promu général de brigade à titre temporaire le 25 mai, il est l'un des rares chefs français à avoir mordu sur l'ennemi pendant la débâcle.
Le 5 juin 1940, , président du Conseil, le nomme sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale. De Gaulle devient ainsi le membre le plus jeune et le plus farouchement hostile à l'armistice du gouvernement, à un moment où Pétain, vice-président du Conseil depuis le 18 mai, et le généralissime Weygand penchent déjà pour cesser le combat.
Sa mission immédiate est de réfléchir à la suite de la guerre alors que le front de l'Aisne et de la Somme cède. Trois pistes s'affrontent : le « réduit breton » cher à Reynaud, le transfert des forces vers l'Afrique du Nord, ou la préparation d'un repli politique vers Londres. De Gaulle ignore encore lequel de ces scénarios l'Histoire retiendra.
Sur quelle stratégie de continuation de Gaulle doit-il faire porter ses efforts ?
De Gaulle plaide pour B tout en préparant C comme assurance. Il défend le transfert vers l'Afrique du Nord et noue les premiers contacts directs avec Londres, où il se rend dès le 9 juin. Le projet de réduit breton, militairement intenable, est abandonné. Le 16 juin, il rapporte de Londres le projet d'union franco-britannique ; le 17 au matin, sentant Reynaud sur le point de tomber et Pétain prêt à l'armistice, il s'envole pour l'Angleterre. Son passage au gouvernement n'aura duré que douze jours, mais il lui confère la légitimité d'un ministre — argument qu'il fera valoir dès l'Appel du 18 juin.









