L'empire — Vichy ou de Gaulle
Après l'armistice, le vaste empire colonial français — Afrique du Nord, Afrique noire, Levant, Indochine, Antilles, Pacifique — devient un enjeu majeur. Resté en dehors de l'occupation, il dispose de territoires, de ressources, de ports et de troupes. Sa fidélité va se partager entre le gouvernement légal de Vichy et la France libre de De Gaulle.
Pour vous, le dilemme est celui de tout administrateur colonial de l'été 1940. Suivre Vichy, le pouvoir légal issu de l'armistice, par discipline et légalisme, en maintenant l'ordre établi. Rallier de Gaulle et la France libre pour continuer la guerre, au prix de la rupture avec la légalité et du risque de représailles. Ou temporiser, en attendant de voir la tournure des événements et la position des voisins.
L'enjeu dépasse chaque territoire : la masse de l'empire restant à Vichy donnerait au régime de Pétain poids et ressources ; les ralliements à de Gaulle bâtiraient au contraire l'assise de la France combattante. Le sort de l'empire conditionne la crédibilité des deux camps.
Notre gouverneur doit-il suivre Vichy, rallier de Gaulle, ou temporiser ?
L'empire se divise. La majorité des territoires (Afrique du Nord, AOF, Levant, Indochine, Antilles) reste d'abord fidèle à Vichy (A), par légalisme, discipline ou calcul. Mais une partie de l'Afrique-Équatoriale (Tchad, Cameroun, Congo, Oubangui), entraînée par , rallie de Gaulle dès août 1940, offrant à la France libre sa première base territoriale. D'autres ralliements suivront (Pacifique, Inde française). La tentative franco-britannique sur Dakar (AOF) échouera en septembre 1940 face à la résistance vichyste. La fracture de l'empire entre Vichy et France libre, dessinée à l'été 1940, structurera la guerre française jusqu'au basculement de l'Afrique du Nord fin 1942.









