Le Cabinet de guerre — négocier ou continuer
Du 26 au 28 mai 1940, alors que le corps expéditionnaire britannique semble perdu à Dunkerque et que la France vacille, le Cabinet de guerre britannique tient une série de réunions décisives. Le ministre des Affaires étrangères, Lord Halifax, plaide pour explorer une médiation de Mussolini afin de sonder des conditions de paix avec Hitler, jugeant la situation peut-être désespérée. Le Premier ministre Churchill, lui, veut poursuivre la guerre coûte que coûte.
L'enjeu est existentiel. Négocier, c'est peut-être épargner au pays une invasion et sauver l'armée encerclée, mais au prix d'une paix dictée par un Hitler en position de force, qui réduirait le Royaume-Uni à la merci de l'Allemagne. Continuer, c'est parier sur la survie de l'île, la maîtrise de la mer et de l'air, et l'espoir d'un soutien américain — sans aucune garantie.
Le Cabinet peut explorer une médiation italienne pour sonder les conditions de paix. Refuser toute négociation et poursuivre la guerre seul. Ou gagner du temps en différant la décision jusqu'à l'issue de Dunkerque. Le sort de la guerre mondiale se joue, en partie, dans ces trois jours de débats.
Le Cabinet de guerre doit-il explorer une paix négociée, refuser toute négociation, ou différer la décision ?
Churchill l'emporte : le Cabinet retient A et écarte l'idée d'une paix négociée. Au terme de débats serrés où Halifax envisage sérieusement une médiation, Churchill rallie le Cabinet et le gouvernement à la poursuite de la guerre, déclarant en substance que les nations qui se battent jusqu'au bout se relèvent, celles qui capitulent sans combattre disparaissent. La réussite de l'évacuation de Dunkerque, dans les jours suivants, conforte ce choix. Ce refus de négocier en mai 1940 est l'une des décisions les plus lourdes de la guerre : il maintient le Royaume-Uni dans le combat, seul face à l'Allemagne, et rend possibles la bataille d'Angleterre puis le retournement ultérieur du conflit.









