Le Cabinet et l'opération Catapult — 1er juillet
Le 1er juillet 1940, le Cabinet de guerre britannique, présidé par , doit statuer sur l'opération Catapult : la neutralisation simultanée de la flotte française dans tous les ports où la Royal Navy peut l'atteindre — Plymouth et Portsmouth (saisie négociée), Alexandrie (négociation Cunningham-Godfroy), et surtout Mers-el-Kébir, près d'Oran, où mouille la principale escadre française.
Churchill pèse plusieurs certitudes. Si la flotte française tombait aux mains de l'Axe, le rapport de force naval en Méditerranée basculerait. Roosevelt lui a écrit douter que les Français tiennent leur promesse de ne pas livrer leurs navires. L'opération neutraliserait des centaines de milliers de tonnes de bâtiments majeurs. Mais elle se ferait contre un allié de la veille, dont les marins se sont battus aux côtés des Britanniques — un acte politiquement et moralement explosif.
Le choix est déchirant : donner le feu vert intégral, limiter l'action aux ports déjà sous contrôle britannique, ou laisser à Darlan le temps d'honorer sa promesse du 17 juin.
Churchill doit-il donner le feu vert à l'opération Catapult ?
Churchill choisit A. L'opération Catapult est lancée le 3 juillet, décidée à l'unanimité du Cabinet le 1er juillet. Churchill la qualifiera plus tard de « décision haïssable, la plus contre nature et la plus douloureuse à laquelle j'aie jamais été mêlé ». Devant les Communes le 4 juillet, il assume l'attaque, et les bancs conservateurs — jusque-là réservés à son égard — l'acclament : c'est le moment où la Chambre se rallie pleinement à lui. Mers-el-Kébir coûtera la vie à 1 297 marins français et empoisonnera durablement les relations franco-britanniques, mais il démontre au monde, et surtout à Washington, la détermination britannique à poursuivre la guerre coûte que coûte.









