Avec des centaines de milliers d'hommes prisonniers, mobilisés ou disparus, ce sont souvent les femmes qui doivent, à l'été 1940, faire vivre le foyer, l'exploitation ou le commerce, et affronter seules les épreuves de l'occupation : pénuries, ravitaillement, éducation des enfants, recherche d'un mari ou d'un fils captif.
Pour vous, le poids des responsabilités s'alourdit brutalement. Prendre en charge le foyer et le travail à la place de l'homme absent — tenir la ferme, le commerce, l'atelier, gérer l'argent, les démarches —, assumant un rôle nouveau. Vous appuyer sur la famille élargie et la solidarité de voisinage pour répartir le fardeau. Ou, pour certaines, vous engager dans des actions de résistance (aide aux évadés, renseignement, presse clandestine), où les femmes joueront un rôle essentiel.
L'occupation bouleverse les rôles : des femmes découvrent une autonomie et des compétences nouvelles, dans l'adversité. Cette mobilisation féminine, longtemps sous-estimée dans le récit de la guerre, est l'une des réalités majeures de la vie civile de 1940 et des années suivantes.
Notre femme doit-elle assumer seule le foyer et le travail, s'appuyer sur la solidarité familiale, ou s'engager dans la résistance ?
Les femmes combinent surtout A et B : en l'absence de millions d'hommes (prisonniers, mobilisés), elles assument massivement la conduite des foyers, des fermes, des commerces et des démarches, découvrant une autonomie nouvelle dans l'épreuve. Beaucoup s'appuient sur la solidarité familiale et villageoise pour surmonter pénuries et difficultés. Une part croissante s'engagera dans la résistance (C), où les femmes joueront un rôle déterminant (filières d'évasion comme le réseau Comète animé par , agents de liaison, presse clandestine, hébergement). La mobilisation des femmes, dans la sphère domestique comme dans la clandestinité, est l'une des dimensions essentielles — et longtemps minorées — de l'expérience de l'occupation à partir de 1940.









