Dès l'été 1940, les pénuries s'installent. L'occupant réquisitionne, les importations s'effondrent, et le rationnement est instauré : pain, beurre, viande, charbon sont délivrés au compte-gouttes contre des tickets. Pour beaucoup de familles, les rations officielles ne suffisent pas à se nourrir correctement.
À côté du circuit légal se développe vite un marché noir : produits vendus sans tickets, à des prix élevés, par des fermiers, des intermédiaires, des trafiquants. S'y fournir permet de manger à sa faim, mais c'est illégal, coûteux, et cela alimente la spéculation au détriment des plus pauvres.
Pour vous, le choix est quotidien. S'en tenir au rationnement officiel, par civisme et faute de moyens, au risque de la faim. Recourir au marché noir pour nourrir vos enfants, malgré le coût et l'illégalité. Ou tenter de produire vous-même — potager, élevage clandestin de lapins ou de poules, troc avec les fermiers. La survie alimentaire devient l'une des préoccupations centrales de l'occupation.
Notre mère de famille doit-elle s'en tenir au rationnement, recourir au marché noir, ou produire elle-même ?
Dans les faits, les familles combinent surtout B et C : le marché noir et la débrouille deviennent indispensables, car les rations officielles sont notoirement insuffisantes. Le « ravitaillement » s'impose comme l'obsession de la vie quotidienne sous l'occupation ; potagers, élevages clandestins, expéditions à la campagne et troc se généralisent. Le marché noir enrichit quelques profiteurs et creuse les inégalités, les citadins pauvres souffrant le plus. Cette économie de pénurie, qui durera toute la guerre, façonnera profondément l'expérience de l'occupation — entre solidarité, système D et ressentiment envers les spéculateurs.









