Avec l'occupation, les mouvements qui prônent la collaboration avec l'Allemagne sortent renforcés. En Flandre, le VNV (Vlaams Nationaal Verbond), nationaliste flamand, espère obtenir de l'occupant l'autonomie ou l'indépendance flamande. En Wallonie et à Bruxelles, le mouvement Rex de , d'abord hésitant, glisse vers une collaboration de plus en plus ouverte. Tous deux promettent l'ordre, des carrières et une place dans le « nouvel ordre européen ».
Pour vous, séduit ou opportuniste, la tentation se pose. Adhérer à l'un de ces mouvements, par conviction, ambition ou pour bénéficier des faveurs de l'occupant. Rester à l'écart de tout engagement, dans une prudente neutralité. Ou vous y opposer ouvertement, au risque de représailles.
L'enjeu est moral autant que politique : choisir la collaboration, c'est miser sur la victoire allemande et se placer du côté de l'occupant ; s'en abstenir, c'est attendre, parfois par calcul, parfois par patriotisme. À l'été 1940, l'avenir paraît scellé en faveur de l'Allemagne, ce qui rend la tentation collaborationniste d'autant plus forte.
Notre jeune Belge doit-il adhérer au VNV ou à Rex, rester à l'écart, ou s'y opposer ?
L'immense majorité s'en tient à B (l'attentisme prudent), mais une minorité active choisit A : le VNV et, plus tard, Rex fournissent à l'occupant des cadres, des administrateurs, puis des volontaires pour le front de l'Est (, ). L'occupant favorise d'abord le VNV (dans le cadre de la Flamenpolitik) avant de s'appuyer aussi sur Rex. Cette collaboration politique, minoritaire mais réelle, débouchera sur une emprise croissante de ces mouvements dans l'administration à partir de 1941, et sur une répression sévère à la Libération. Le choix de 1940, fait alors que l'Allemagne semblait invincible, sera lourd de conséquences pour ceux qui s'y engagèrent.









