La Belgique neutre — laisser entrer les Alliés ?
Depuis 1936, la Belgique poursuit une « politique d'indépendance », tenant ses distances avec les grandes puissances et refusant tout engagement militaire formel avec la France et le Royaume-Uni. Mais à l'hiver 1939-1940, la menace allemande se précise, et l'incident de Malines confirme qu'une offensive passerait par le territoire belge.
Le dilemme devient pressant. Autoriser les armées franco-britanniques à entrer préventivement en Belgique permettrait d'organiser une défense en profondeur avant l'attaque, mais romprait la neutralité et fournirait peut-être à Hitler le prétexte qu'il cherche. La refuser, c'est s'en remettre à une défense improvisée au dernier moment, les Alliés ne pouvant accourir qu'une fois l'invasion commencée.
et son gouvernement doivent choisir. Laisser entrer les Alliés par anticipation pour préparer la défense commune. Tenir une ligne stricte en n'appelant les Alliés qu'après une agression effective. Ou négocier des plans secrets de coopération sans engagement public. Tout l'équilibre de la sécurité belge — et le sort de la future bataille — se joue dans cet arbitrage.
La Belgique doit-elle laisser entrer les Alliés par anticipation, rester strictement neutre, ou préparer des plans secrets ?
La Belgique s'en tient pour l'essentiel à B : elle maintient sa neutralité et refuse l'entrée préventive des troupes alliées, par crainte de provoquer l'Allemagne et par attachement à son indépendance. Des contacts d'état-major discrets ont bien lieu, mais sans coordination réelle. Conséquence : lorsque l'invasion éclate le 10 mai 1940, les armées franco-britanniques doivent se précipiter en Belgique en catastrophe (manœuvre Dyle-Breda), sans avoir pu reconnaître ni préparer les positions — ce qui jouera dans la rapidité de l'effondrement. Le choix de la neutralité, défendable politiquement, aura un coût militaire lourd.









