Le rationnement de l'hiver
Dès l'hiver 1939-1940, la guerre, même « drôle », pèse sur la vie quotidienne à l'arrière. Le rationnement est instauré au Royaume-Uni (à partir de janvier 1940 : beurre, sucre, bacon) et des restrictions apparaissent en France. Le blocus, la mobilisation des hommes et la réorientation de l'économie vers la guerre réduisent l'approvisionnement.
Pour vous, ménagère, la guerre se vit d'abord par les contraintes domestiques. Respecter scrupuleusement le rationnement, par civisme et discipline patriotique, en adaptant les repas. Constituer des réserves ou recourir aux premiers circuits parallèles, par prévoyance. Ou râler et contourner, jugeant les restrictions excessives en l'absence de combats.
Le rationnement, dans une guerre où le front est calme, suscite incompréhension et grogne : pourquoi vous priver alors qu'il ne se passe « rien » ? Mais il prépare les esprits et l'économie à un effort de longue durée. La gestion du foyer, l'adaptation des habitudes et l'acceptation des privations deviennent une première forme d'engagement civil dans la guerre.
Notre ménagère doit-elle respecter scrupuleusement le rationnement, constituer des réserves, ou contourner les restrictions ?
Les comportements varient, mais le civisme (A) domine largement, surtout au Royaume-Uni où le rationnement, géré avec équité et pédagogie, est globalement bien accepté comme contribution à l'effort de guerre. En France, l'acceptation est plus mitigée durant la drôle de guerre, où l'absence de combats rend les restrictions difficiles à justifier aux yeux de certains. Le rationnement de l'hiver 1939-1940 n'est qu'un prélude : il s'aggravera considérablement avec l'occupation et la guerre longue. Pour les civils, il marque l'entrée concrète de la guerre dans le quotidien — bien avant que les combats ne touchent leur sol. La « guerre de la ménagère » commence dans les files d'attente et les carnets de tickets.









