Reynaud — Matignon 21 mars
, 62 ans, ministre des Finances du gouvernement Daladier, est désigné par le président le 21 mars 1940 pour former un nouveau gouvernement. La veille, a été mis en minorité à la Chambre — 239 voix de confiance, 1 contre, 300 abstentions — sur un vote de défiance technique, et a démissionné.
Lebrun consulte. Le choix est limité : Reynaud, partisan d’une ligne offensive ; (SFIO), qui refuse l’engagement ; le maréchal Pétain, 84 ans, qui refuse pour raisons d’âge. Lebrun désigne Reynaud, connu pour son soutien à l’alliance britannique et son hostilité publique à l’apaisement.
Reynaud forme son gouvernement le 22 mars dans un compromis difficile. Daladier conserve la Défense nationale — concession politique pour ne pas casser la majorité radicale-socialiste. Lamoureux prend les Finances, Frossard le Travail, entre au Cabinet, prend l’Information. Le discours d’investiture présente la doctrine Reynaud : offensive alliée au plus tôt, mobilisation totale de l’économie, fidélité absolue à la Grande-Bretagne.
Un dossier explosif attend Reynaud : le général , commandant en chef depuis 1935, est jugé médiocre par une grande partie du gouvernement.
Reynaud doit-il limoger Gamelin dès son arrivée à Matignon ?
Reynaud applique B avec éléments de C. Gamelin reste en poste — Reynaud le juge médiocre mais estime qu’il ne peut pas le limoger publiquement sans déclencher un conflit politique avec les radicaux derrière Daladier. Pendant les six semaines suivantes, Reynaud cohabite avec son propre commandant en chef sans pouvoir l’écarter. Le 17 mai 1940, après la percée de Sedan, Reynaud limoge enfin Gamelin et le remplace par — trop tard. Reynaud reste Président du Conseil jusqu’au 16 juin 1940, date à laquelle il démissionne face à l’écrasement militaire. Pétain le remplace. Reynaud est arrêté par Vichy en septembre 1940, jugé à Riom en 1942, déporté à Sachsenhausen. Libéré en 1945, il reprend une carrière sous la IVe République et meurt en 1966. Sa décision de mars 1940 de maintenir Gamelin reste l’une des fautes politiques les plus discutées de la campagne.









