Auchinleck remplace Wavell
L'échec de l'opération Battleaxe à la mi-juin, qui n'a pas dégagé Tobrouk et a coûté de nombreux chars, exaspère . Le Premier ministre, impatient de résultats au Moyen-Orient — seul théâtre où les Britanniques affrontent encore directement l'Axe au sol —, juge le général Wavell épuisé et trop prudent après deux ans d'efforts continus sur un front immense, de la Libye à l'Irak en passant par l'Afrique orientale, la Grèce et la Syrie.
Wavell a pourtant remporté de grandes victoires (Compass, Afrique orientale) avec des moyens limités, tout en parant à d'innombrables crises simultanées. Mais Churchill veut du sang neuf et une offensive rapide pour reprendre la Cyrénaïque avant que Rommel ne se renforce.
Le Premier ministre doit décider du sort du commandant en chef : maintenir Wavell en lui donnant le temps et les moyens de préparer une grande offensive ; le relever pour insuffler un nouvel élan, au risque de perdre son expérience ; ou réorganiser le commandement du Moyen-Orient sans le démettre. La décision pèsera sur toute la campagne du désert.
Churchill doit-il maintenir Wavell ou le relever de son commandement ?
Churchill choisit B. Le 1er juillet 1941, il mute Wavell au commandement des Indes et le remplace à la tête du Moyen-Orient par le général , venu précisément des Indes — les deux hommes échangeant pour ainsi dire leurs postes. Auchinleck, plus posé, résistera lui aussi aux pressions de Churchill qui réclame une offensive immédiate, et prendra le temps d'accumuler des forces avant de lancer l'opération Crusader en novembre 1941. Le bras de fer entre le Premier ministre et ses généraux du désert se rejouera : Auchinleck sera à son tour relevé en août 1942, peu avant qu'El Alamein ne donne enfin à Churchill la victoire qu'il exigeait. La relève de Wavell illustre l'impatience permanente de Churchill envers ses commandants.









