Rydz-Śmigły à Kuty — la directive du 17 septembre
, 53 ans, est commandant en chef des forces armées polonaises (Generalny Inspektor Sił Zbrojnych) depuis mai 1935 et premier dauphin politique du régime des colonels. Le 17 septembre 1939, 17 jours après l'invasion allemande, il est installé à Kuty, petite ville de Galicie à 5 km de la frontière roumaine, où le gouvernement polonais s'est replié depuis le 14.
Les armées polonaises occidentales sont écrasées (la bataille de la Bzura entre dans sa dernière phase) ; Varsovie est assiégée mais tient ; Modlin, Lwów et Hel résistent encore. Le plan de repli officiel — la "tête de pont roumaine" — vise à concentrer les forces résiduelles dans le sud-est et à recevoir l'approvisionnement français via la Roumanie alliée.
À 03h00 le 17, le Konsul polonais à Moscou est convoqué au Kremlin : lui remet une note — l'État polonais ayant "cessé d'exister", l' intervient pour "protéger les populations biélorusses et ukrainiennes". 6 armées soviétiques (environ 600 000 hommes) franchissent la frontière à 04h00 sans déclaration de guerre formelle. À Kuty, Rydz-Śmigły apprend la nouvelle vers 06h00. Il dispose encore de quelques heures pour donner ses derniers ordres avant de passer en Roumanie.
Frontière roumaine, 17 septembre 1939, vous êtes le maréchal Rydz-Śmigły : quel ordre donner devant l'Armée rouge ?
Rydz-Śmigły choisit de ne pas engager le combat avec les Soviétiques et de replier vers la frontière roumaine ou hongroise. Sa directive du 17 septembre matin (transmise par radio fragmentaire) : "Avec les Soviétiques, ne pas combattre, sauf en cas d'attaque ou de tentative de désarmement." L'ordre vise à éviter une guerre sur 2 fronts désespérée et à préserver des forces pour reconstituer une armée polonaise à l'étranger. Le résultat est ambigu : certaines unités (, défenseurs de Grodno, du général Orlik-Rückemann) combattent quand même les Soviétiques. Environ 250 000 soldats polonais sont capturés par l' dans les 10 jours qui suivent. Environ 22 000 officiers, policiers et fonctionnaires seront assassinés au printemps 1940 à Katyn, Kalinine et Kharkov. Rydz-Śmigły passe en Roumanie dans la nuit du 17 au 18, est interné. Il rentre clandestinement en Pologne en 1941, meurt à Varsovie en décembre 1941. Sa décision du 17 septembre reste contestée par l'historiographie polonaise — accusée d'avoir précipité la captivité de l'élite militaire.
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