Vendre aux 2 camps
Septembre 1939. La Belgique réaffirme sa neutralité dès l'entrée en guerre. Mais sa puissante industrie d'exportation (charbon, acier) vend traditionnellement aux 2 camps désormais ennemis. Londres, qui organise le blocus de l'Allemagne, fait pression pour réduire les livraisons belges à Berlin. Berlin prévient que toute hausse du commerce belge avec les Alliés serait jugée hostile.
Le gouvernement doit fixer une règle. Or la Convention de La Haye (article 9) impose au neutre de traiter les belligérants de manière égale : une restriction frappant l'un doit frapper l'autre. Mais l'application stricte ou souple de ce principe, et le degré de protection accordé à l'approvisionnement intérieur, restent à décider.
Chaque option a un coût : irriter un voisin armé, sacrifier des revenus industriels, ou se retrouver accusé de partialité par l'un des camps.
Au gouvernement belge neutre, septembre 1939 : quelle politique d'exportation tenir entre les belligérants ?
Le gouvernement belge fonde sa politique sur 2 principes. D'abord, il protège l'approvisionnement national en interdisant ou contingentant l'exportation des produits dont la Belgique manque. Ensuite, conformément à l'article 9 de la Convention de La Haye, il applique ces restrictions de façon égale à tous les belligérants, sans discrimination. Concrètement, cette règle réduit fortement les exportations belges vers l'Allemagne et provoque des protestations allemandes ; mais comme la mesure frappe identiquement la France et le Royaume-Uni, Berlin n'a aucun fondement juridique. Londres et Paris s'en déclarent satisfaits. La Belgique tient cette ligne d'impartialité jusqu'à l'invasion allemande du 10 mai 1940.
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