Borakowski et la flotte marchande
Au déclenchement de la guerre, la marine marchande polonaise comprend 38 navires opérationnels : transports passagers (les célèbres paquebots Piłsudski, Batory, Sobieski, Chrobry), cargos (Lloyd polonais), pétroliers (Polski Tankowiec). Effectifs : 5 800 marins polonais. Pavillon : polonais sous immatriculation à Gdynia.
Le 31 août 1939, dernier ordre du ministère du Commerce maritime polonais () à tous les capitaines : « Faites route immédiatement vers les ports britanniques et français. Évitez la mer Baltique. » Cet ordre est appliqué partout dans l'Atlantique et la Méditerranée. À la chute de la Pologne (fin septembre 1939), 35 navires sur 38 sont à l'ouest sous contrôle allié. Trois sont saisis : un par les Allemands (à Hambourg), deux par les Soviétiques.
, 50 ans, directeur de la Gdynia-America Line (GAL — principal armateur polonais), s'installe à Londres comme chef de la marine marchande polonaise en exil dès octobre 1939. Sikorski lui confie la mission de maintenir l'unité de la flotte sous commandement allié. Reste à fixer la modalité juridique : vendre les navires pour financer immédiatement le gouvernement en exil, les confier sous une forme qui ménage le pavillon et la souveraineté, ou monter une flotte libre autonome au prix d'une lourde gestion.
Borakowski doit décider de la modalité juridique d'intégration à l'effort allié.
Comment intégrer la marine marchande polonaise à l'effort de guerre allié ?
Borakowski applique B. Le 30 novembre 1939, accord signé entre Borakowski et le Ministry of Shipping britannique (sous Sir ) : tous les navires polonais conservent leur pavillon, leurs équipages polonais et leur identité administrative — hiérarchie et langue de bord préservées —, mais sont affrétés intégralement par les Alliés pour la durée de la guerre. Salaire des marins : niveaux britanniques, payés par Londres. Pertes au cours de la guerre : 20 navires sur 35 sont coulés (transport de troupes Narvik 1940 où le Chrobry est perdu, Mers-el-Kébir, convois atlantiques avec U-Boote). Survivants à la fin de la guerre : 15 navires. Mais des navires neufs sont acquis pendant la guerre, et la flotte est en réalité reconstituée. Au 1er janvier 1945, la marine marchande polonaise libre compte 47 navires. À la libération, le gouvernement communiste polonais à Varsovie revendique les navires. Compromis 1947 : 28 navires rentrent en Pologne, 19 restent en exil (Londres) jusqu'à dissolution en 1969. Borakowski reste à Londres, refuse de rentrer, meurt en 1958.









