Hel — Unrug face au parlementaire allemand
, 55 ans, contre-amiral, commande depuis 1925 l'ensemble des forces navales et de la défense côtière polonaises. Né à Brandebourg dans une famille de petite noblesse germano-polonaise, ancien officier de la Kaiserliche Marine de 1914 à 1918, il a opté pour la Pologne en 1919. Parfaitement bilingue, il s'est juré, depuis sa naturalisation polonaise, de ne plus prononcer un mot d'allemand en public.
La presqu'île de Hel — bande de sable et de forêt de 35 km enfoncée dans la baie de Dantzig — sert de camp retranché à la marine polonaise depuis 1936. On y trouve trois batteries lourdes (des Bofors de 152 mm, des canons Schneider de 105 mm et la batterie Laskowski avec ses quatre canons danois de 152 mm), une garnison de 3 000 hommes, des bunkers, des dépôts et une voie ferrée militaire. Le 1er septembre, après la chute rapide de Gdynia — Kępa Oksywska tombera le 14 septembre —, Hel devient le dernier point d'appui polonais sur la Baltique.
Du 9 septembre au 2 octobre, la presqu'île subit l'assaut de trois cuirassés allemands se relayant — le Schleswig-Holstein, le Schlesien et l'Admiral Hipper —, des Stukas du et des He 111 du , ainsi qu'une offensive terrestre lancée sur l'isthme par la . Au 30 septembre, après la chute de Varsovie le 27 et de Modlin le 28, Hel reste l'ultime foyer de résistance. Les munitions ne dureront pas plus de quatre jours. Le 1er octobre, Reichenau envoie un parlementaire.
Que faire le 1er octobre, quand Reichenau envoie un parlementaire ?
Unrug choisit C. Le 1er octobre au soir, les batteries de Hel tirent leurs derniers obus contre Gdynia occupée pour vider les soutes. Les canons sont sabotés à la dynamite. Les codes secrets sont brûlés. Le 2 octobre au matin, le capitaine de frégate porte le drapeau blanc. Bilan polonais : 53 morts, 200 blessés. Unrug et 4 000 défenseurs (3 000 marins, 1 000 fantassins) partent en captivité. Dans les oflags allemands, Unrug refuse systématiquement de parler allemand devant les officiers de la Wehrmacht — il exige un interprète, alors que tous savent qu'il maîtrise parfaitement la langue. Sa formule : « À partir du 1er septembre 1939, j'ai oublié l'allemand. » Il est libéré en 1945, refuse de rentrer en Pologne communiste, meurt en France (Lailly-en-Val) en 1973. Ses cendres sont ramenées à Gdynia en 2018, dans la nécropole navale polonaise.









