Mokra — Filipowicz et la Brigade volhynienne
, 44 ans, commande depuis 1937 la (). Sous ses ordres servent quatre régiments de uhlans et un régiment d'artillerie à cheval fort de sept batteries de canons wz. 02/26 de 75 mm, appuyés par un escadron de chars légers TKS et un escadron de cyclistes ; mais son atout maître reste les neuf canons antichars Bofors wz. 36 de 37 mm, l'arme antichar la plus efficace de l'armée polonaise.
La brigade est positionnée dans l' du général , sur le secteur de Kłobuck. En face se masse la du général , l'une des cinq divisions blindées allemandes, qui aligne environ 340 chars — Panzer I, II, IV et 35t tchèques.
Le 1er septembre à 06h00, Reinhardt lance son axe principal dans la trouée entre Mokra et Wilkowiecko. La cavalerie polonaise tient une ligne forestière sur 12 km, ses neuf canons antichars dispersés en embuscade. La doctrine polonaise est limpide : pas de charge — l'arme principale est le canon antichar, et la cavalerie n'est qu'une infanterie montée vouée à la manœuvre. À 07h30, les premiers Panzer débouchent sur la clairière de Mokra. Filipowicz est à son PC, à 800 mètres de la ligne de feu.
Comment engager les canons antichars dans les premières heures ?
Filipowicz applique B. Les Bofors wz. 36 ouvrent le feu à courte distance à partir de 08h00. La perd entre 50 et 100 chars et véhicules dans la journée (sources allemandes : 47 chars hors de combat ; sources polonaises : 100+) — pertes inédites pour la Wehrmacht en 1939. Reinhardt est obligé d'engager ses réserves et de bombarder Mokra à l'aviation. La perd environ 500 hommes tués et blessés, et la moitié de ses chevaux. Au soir, Filipowicz décroche en bon ordre vers la ligne Warta. La bataille de Mokra démontre l'efficacité tactique du canon antichar bien employé et désarme partiellement le mythe (allemand et soviétique d'après-guerre) selon lequel la cavalerie polonaise aurait "chargé les chars au sabre". Reinhardt notera dans son journal : "Encore une journée comme celle-ci et la division n'existera plus." Filipowicz survivra à la campagne, rejoindra la Résistance, sera blessé en 1944 et mourra en juillet 1945 à Cracovie.









