La Bzura — Kutrzeba face au piège
, 53 ans, est commandant de l' depuis mars 1939 — 4 divisions d'infanterie et 2 brigades de cavalerie, environ 100 000 hommes positionnés en Grande-Pologne. Officier d'état-major reconnu (École de Guerre 1922-1928, commandant adjoint), il a réclamé sans succès dès mai 1939 un repli préventif sur la Vistule, jugeant la défense avancée intenable. Le maréchal Rydz-Śmigły avait refusé pour raisons politiques.
Au 8 septembre, Kutrzeba constate que la Wehrmacht l'a contourné par le nord ( Küchler) et par le sud ( Reichenau). Son armée et l' (général , en repli vers le sud) risquent d'être encerclées par les Allemands fonçant vers Varsovie. Kutrzeba dispose d'environ 175 000 hommes au total, intacts.
Il propose à Rydz-Śmigły une contre-attaque massive vers le sud, en direction de Łódź, pour frapper le flanc nord de la du général (l'armée allemande la plus exposée du dispositif Reichenau-Blaskowitz). Rydz-Śmigły hésite trois jours. La décision tombe le 8 septembre au soir : feu vert. Kutrzeba doit choisir l'axe et le rythme.
Quel axe et quel rythme donner à la contre-attaque ?
Kutrzeba choisit A puis C. Le 9 septembre au soir, ses 14 régiments d'infanterie attaquent en direction sud sur le flanc nord de la , autour des villes de Łęczyca, Piątek et Łowicz. Surprise tactique totale : la est sévèrement étrillée, perd environ 1 500 morts et 3 000 prisonniers le 9-10 septembre — sans précédent dans la campagne. Les Polonais avancent de 30 km. Mais Reichenau et le réagissent vite : la (Schmidt), la 4e (Reinhardt), une complète, sont réorientées vers le nord. Du 12 au 17 septembre, l'aviation de la (Löhr) intervient massivement — les ponts sur la Bzura sont coupés. Kutrzeba doit basculer en repli vers la forêt de Kampinos pour rejoindre Varsovie. Du 17 au 22, son armée est progressivement encerclée et anéantie. Environ 120 000 prisonniers polonais, environ 20 000 morts ou blessés côté polonais. Kutrzeba lui-même réussit à passer à Varsovie avec quelques milliers d'hommes le 22 septembre. Il négociera la capitulation de la capitale le 28. La bataille de la Bzura est la plus grande de la campagne de Pologne — et démontre que les armées polonaises pouvaient encore frapper, mais étaient privées de mobilité et de couverture aérienne.









