Maria Wittek — Wzgórze Wuleckie
, 40 ans, est lieutenant-colonelle de réserve — l'un des grades militaires les plus élevés détenus par une femme dans la Pologne de l'entre-deux-guerres. Vétérane de la défense de Lwów en 1918 (où elle a combattu à 19 ans dans les , les « Aiglons de Lwów ») et de la guerre polono-soviétique de 1920. Depuis 1928, elle dirige la Przysposobienie Wojskowe Kobiet (PWK, Préparation militaire des femmes) — organisation paramilitaire d'État formant les jeunes femmes au tir, à la transmission, à la conduite, au secourisme, à l'administration militaire. En 1939, la PWK compte environ 50 000 membres actives.
Au 1er septembre, Wittek active le Wojskowa Służba Kobiet (WSK, Service militaire des femmes) — protocole de mobilisation préparé depuis 1937. Mission théorique des femmes : transmissions, contre-espionnage, logistique, hôpitaux, lutte antiaérienne (DCA) en arrière-front. Les femmes ne sont pas autorisées au combat de première ligne par la doctrine officielle de l'état-major polonais.
Mais le 19 septembre à Lwów, alors que l' se rétracte sur Stryj, le général demande à Wittek de constituer un bataillon mixte d'urgence pour défendre les hauteurs de Wzgórze Wuleckie au sud de Lwów. La pression sur la ville est extrême et la défense réclame chaque combattant disponible. Wittek doit alors décider de la suite : entretenir l'ambiguïté en laissant les commandants locaux trancher, s'en tenir à la doctrine et cantonner les femmes à l'arrière, ou assumer la transgression et engager ses recrues au feu.
Faut-il continuer à mobiliser les femmes au combat de première ligne ?
Wittek applique A. Sur le moment, 250 femmes de la PWK, dont Wittek elle-même comme commandante de fait, s'engagent à Wzgórze Wuleckie et tiennent les positions trois jours malgré la contradiction doctrinale. Après la défaite de septembre, elle passe clandestinement à Varsovie, où elle co-fonde dès 3 octobre 1939 la branche féminine de la Służba Zwycięstwu Polski (SZP) puis du ZWZ et enfin de l'. Elle dirige la section femmes de l'AK (Wydział Wojskowej Służby Kobiet) tout au long de la guerre. À la veille de l'insurrection de Varsovie 1944, plus de 50 000 femmes sont affiliées à l'AK : agents de liaison (łączniczki), tireuses, infirmières, démineuses. Wittek elle-même combat dans l'insurrection. Après-guerre, elle est arrêtée par les autorités communistes (1949), libérée 1955, marginalisée. La République indépendante de 1991 la promeut première générale de l'histoire de l'armée polonaise en mai 1991, à l'âge de 92 ans. Elle meurt en avril 1997 à Varsovie, honorée à l'ordre national.









