Père Kolbe — l'arrivée de la Wehrmacht à Niepokalanów
Le père (), 45 ans, est franciscain conventuel. Depuis 1927, il dirige le monastère de Niepokalanów (« Cité de l'Immaculée ») fondé par lui — la plus grande communauté franciscaine du monde catholique avec 762 frères en 1939. Le monastère gère une imprimerie qui publie le mensuel Rycerz Niepokalanej à 1 million d'exemplaires (la plus grande revue catholique de Pologne), un quotidien Mały Dziennik à 137 000 exemplaires, une station radio, un aérodrome de formation pour frères pilotes missionnaires.
Politiquement, Kolbe a longtemps publié dans Rycerz Niepokalanej des textes considérés aujourd'hui comme antisémites dans leur tonalité (assimilation du judaïsme à un « ennemi spirituel »). Mais cette ligne s'estompe à partir de 1937. En 1936 il avait visité le Japon pour fonder un monastère à Nagasaki et avait été marqué par l'expérience interculturelle.
Au 1er septembre 1939, Niepokalanów est sur l'axe principal de l'avance allemande Łódź → Varsovie. Du 9 au 17 septembre, des dizaines de milliers de réfugiés civils du nord et de l'ouest de la Pologne traversent la région. Kolbe ouvre les portes du monastère : dortoirs, cuisines, ateliers, refuges souterrains creusés pour l'imprimerie. Le 14 septembre, ils sont environ 3 500 réfugiés. Parmi eux : 1 500 à 2 000 Juifs des shtetls de Mazovie, fuyant les massacres déjà annoncés. Kolbe les accueille sans distinction confessionnelle. La Wehrmacht s'approche le 18 septembre.
Que faire quand la Wehrmacht s'approche le 18 septembre ?
Kolbe choisit B. Le 19 septembre, deux officiers de la Wehrmacht visitent Niepokalanów. Kolbe les reçoit en habit, explique en allemand (qu'il maîtrise) la nature humanitaire du refuge. Aucun frère n'est arrêté, aucun réfugié n'est livré. Le 19 septembre, Kolbe est cependant arrêté par la Gestapo une première fois, transféré au camp d'Amtitz (Gębice, Brandebourg), libéré le 8 décembre 1939. Il rentre à Niepokalanów. Au printemps 1940, le monastère héberge encore 1 200 réfugiés juifs et polonais. Kolbe organise des ateliers de production (couture, mécanique) pour leur fournir de quoi vivre, continue à publier clandestinement Rycerz Niepokalanej. Le 17 février 1941, il est arrêté de nouveau. Transféré à Auschwitz le 28 mai 1941 (matricule 16670). En juillet 1941, après une évasion de prisonniers, le commandant sélectionne 10 hommes pour mourir dans le bunker de la faim en représailles. Kolbe se porte volontaire à la place de (sergent polonais qui pleurait sa femme et ses enfants). Mort le 14 août 1941 d'une injection de phénol après deux semaines sans nourriture ni eau. Canonisé par le 10 octobre 1982.









