Le Military Training Act de mai 1939 a instauré la conscription en temps de paix, et chacun pressent qu'en cas de guerre, le service deviendra général. Pour de jeunes hommes animés de convictions pacifistes, religieuses ou morales, l'appel sous les drapeaux pose un cas de conscience aigu.
Le Royaume-Uni, instruit par les déchirements de 1914-1918, a prévu un cadre légal : un conscrit peut demander à être reconnu objecteur de conscience et passer devant un tribunal local, qui décide de l'exempter, de l'affecter à des tâches non combattantes, ou de l'astreindre à un travail civil d'intérêt général. La démarche expose toutefois au soupçon de lâcheté et à l'opprobre social.
Vous incarnez un objecteur, jeune homme de conviction. Devez-vous revendiquer le statut d'objecteur et affronter le tribunal, en assumant le risque d'être mal jugé par vos pairs ? Accepter le service ordinaire en taisant vos scrupules, pour ne pas vous singulariser ? Ou refuser tout net, au risque de la prison ? Le choix engage votre conscience, votre réputation et, peut-être, votre liberté.
Notre objecteur doit-il revendiquer le statut de conscience, servir malgré ses scrupules, ou refuser tout net ?
Beaucoup choisiront A : sur l'ensemble de la guerre, environ 62 000 Britanniques se feront enregistrer comme objecteurs de conscience. Les tribunaux locaux prononceront grosso modo 3 000 exemptions inconditionnelles (moins de 5 %), quelque 22 000 affectations à un travail civil obligatoire (environ 35 %), et près de 28 000 versements dans des services non combattants (environ 45 %) — santé, déminage, ambulances, agriculture —, le reste voyant sa demande rejetée. Le dispositif britannique, plus souple que celui d'autres pays, permet de concilier conviction individuelle et effort national. Refuser tout net exposait, lui, à des peines de prison. La gestion de l'objection témoigne d'une démocratie cherchant à respecter la conscience même en temps de guerre.









