Chamberlain — 11h15 BST
, 70 ans, est Premier ministre depuis mai 1937. Il a été l'artisan principal des accords de Munich (29-30 septembre 1938) et reste dans l'opinion publique britannique l'incarnation de la politique d'apaisement vis-à-vis de Hitler. Le 31 mars 1939, après l'occupation de Prague (15 mars), il a inversé la doctrine en accordant la garantie britannique à la Pologne : Londres entrera en guerre si la Pologne est attaquée.
L'invasion allemande de la Pologne commence le 1er septembre 1939 à 04h45. Chamberlain hésite cependant. Le 1er au soir, il fait remettre à Berlin un avertissement (note Henderson) — non pas un ultimatum : les hostilités doivent cesser et les forces allemandes retirées. Pas de délai fixé. La France attendait une réponse simultanée britannique. Le Cabinet britannique du 2 septembre est houleux : Halifax et Greenwood réclament un ultimatum ferme. Chamberlain et Hoare temporisent encore. La Chambre des communes se rassemble le 2 septembre soir ; (Labour) prononce une phrase qui fait basculer : « Speak for England, Arthur. »
Dans la nuit du 2 au 3, le Cabinet impose à Chamberlain un ultimatum formel à Berlin : réponse exigée le 3 septembre à 11h00 BST. Aucune réponse de Berlin ne parvient. À 11h00 le 3 septembre, l'ultimatum expire. Chamberlain doit annoncer la guerre quinze minutes plus tard à la BBC.
Comment annoncer publiquement l'état de guerre à 11h15 ?
Chamberlain choisit A. À 11h15 BST sur la BBC, dans une allocution radio de quatre minutes diffusée en direct depuis le Cabinet Room du 10 Downing Street, il annonce : « This morning the British Ambassador in Berlin handed the German Government a final note (...) I have to tell you now that no such undertaking has been received, and that consequently this country is at war with Germany. » Ton de défaite politique personnelle. Pas d'appel à la mobilisation, pas de patriotisme — seulement la constatation. Une heure plus tard à 12h15, la sirène d'alerte aérienne retentit à Londres pour la première fois (fausse alerte). Chamberlain restera Premier ministre jusqu'au 10 mai 1940, date à laquelle il cèdera la place à Churchill suite à l'échec de la campagne de Norvège. Il meurt en novembre 1940 d'un cancer, sans avoir pu se justifier publiquement. Son discours du 3 septembre 1939 reste l'un des plus contestés de l'histoire britannique : trop tardif, trop résigné, mais juridiquement irréprochable.









