Le 10 mai 1940 — le jour même où l'Allemagne lance son offensive à l'Ouest —, le Premier ministre britannique , discrédité par l'échec de la campagne de Norvège, démissionne. Le roi appelle , premier Lord de l'Amirauté, à former un gouvernement. Churchill, longtemps marginalisé pour ses avertissements sur le danger nazi, accède enfin au pouvoir au pire moment.
Le nouveau Premier ministre doit définir d'emblée la ligne du Royaume-Uni face à une catastrophe qui s'annonce sur le continent. Affirmer une volonté de guerre totale, sans compromis, en ralliant la nation à la résistance coûte que coûte. Garder une marge pour une éventuelle négociation, selon la tournure des événements. Ou temporiser, le temps d'évaluer l'ampleur du désastre.
Churchill prend la tête d'un pays mal préparé, d'un allié français qui va s'effondrer, et d'une classe politique où certains (Halifax) n'excluent pas une paix de compromis. Sa première grande décision est de ton et de cap : quelle Angleterre veut-il incarner face à Hitler ?
Churchill doit-il affirmer d'emblée une volonté de guerre totale, garder une marge de négociation, ou temporiser ?
Churchill choisit résolument A : dès son arrivée au pouvoir le 10 mai 1940, il incarne une détermination inflexible, promettant « du sang, de la peine, des larmes et de la sueur » et affirmant la volonté de poursuivre la guerre jusqu'à la victoire. Lors de la crise du Cabinet de guerre (26-28 mai), il écartera l'idée d'une paix négociée défendue par Halifax. Son énergie, sa rhétorique et son refus de tout compromis galvanisent la nation et maintiennent le Royaume-Uni dans le combat au moment où tout semble perdu sur le continent. L'accession de Churchill, le jour même de l'offensive, est l'un des grands tournants de la guerre : elle donne à la résistance à Hitler un chef à sa mesure.









