Huntziger dans le wagon de Foch — 22 juin
Le général conduit la délégation française venue négocier l'armistice à Rethondes. Hitler a choisi le lieu et le wagon de Foch pour effacer 1918, puis a quitté la clairière, laissant Keitel présenter les conditions. Le texte allemand n'est pas négociable ; il est lu, et la délégation française dispose de très peu de marge.
Les conditions sont dures : occupation des trois cinquièmes du territoire (tout le nord et la façade atlantique), maintien en captivité de près de deux millions de prisonniers, désarmement de la flotte, paiement des frais d'occupation. Huntziger n'a obtenu qu'un amendement sur l'article 8 ; pour le reste, c'est à prendre ou à laisser.
Vainqueur malheureux de Sedan en mai, Huntziger se voit confier la tâche ingrate de signer la défaite qu'il n'a pu empêcher. Le 22 juin à 18h36, après consultation de Bordeaux par téléphone, il se trouve devant le choix ultime : apposer sa signature au bas d'un texte humiliant, refuser au risque de prolonger une guerre déjà perdue sur le terrain, ou tenter d'arracher d'ultimes modifications.
Huntziger doit-il signer les conditions allemandes ?
Huntziger signe — A — le 22 juin à 18h36, sur instruction de Bordeaux. La cérémonie dure une cinquantaine de minutes ; ni Pétain ni Weygand ne sont présents. L'armistice n'entrera en vigueur qu'après la signature de l'armistice franco-italien : le cessez-le-feu général prend effet le 25 juin à 0h35. La France est coupée en plusieurs zones, son armée réduite à 100 000 hommes, sa flotte désarmée, ses prisonniers retenus comme gage. Huntziger deviendra ministre de la Guerre de Vichy et présidera la commission d'armistice de Wiesbaden ; il meurt dans un accident d'avion en novembre 1941. Sa signature scelle juridiquement la défaite et ouvre la période de l'Occupation.









