L'armistice de Rethondes
Le 22 juin 1940, la délégation française vient signer l'armistice demandé par Pétain. Hitler en a choisi le lieu et la mise en scène avec un soin vengeur : la clairière de Rethondes, près de Compiègne, et le wagon même où l'Allemagne avait signé sa défaite en novembre 1918. Le symbole est écrasant : effacer l'humiliation de 1918 en y imposant celle de la France.
Les conditions allemandes sont dures : occupation des deux tiers du pays (toute la façade atlantique et le nord), démobilisation de l'armée, livraison des réfugiés politiques allemands, frais d'occupation exorbitants, maintien des prisonniers de guerre. La délégation française dispose d'une marge de manœuvre quasi nulle.
La délégation peut signer les conditions imposées, pour arrêter les combats et préserver une zone « libre » et l'empire. Refuser et rompre les négociations, ce qui relancerait une guerre perdue d'avance sur le sol national. Ou discuter pied à pied certaines clauses (flotte, empire, prisonniers) en espérant des aménagements. L'enjeu est de limiter les dégâts d'une défaite totale.
La délégation française doit-elle signer l'armistice, le refuser, ou tenter de négocier les clauses ?
La délégation choisit A, avec quelques tentatives de C : l'armistice est signé le 22 juin 1940 à Rethondes, dans le wagon de 1918, puis Hitler ordonne la destruction du site pour effacer le symbole de la défaite allemande. La France est coupée en zone occupée et zone « libre », son armée réduite, sa flotte neutralisée (clause qui mènera au drame de Mers-el-Kébir), ses prisonniers retenus. L'armistice met fin aux combats mais ouvre la période de Vichy, de l'occupation et de la collaboration. La mise en scène de Rethondes restera l'un des symboles les plus puissants de l'humiliation française et du triomphe momentané du IIIe Reich à l'Ouest.









