À l'été 1940, Hitler est au faîte de sa gloire : en six semaines, il a abattu la France, chassé les Britanniques du continent et soumis l'Europe de l'Ouest, là où l'Allemagne s'était épuisée quatre ans durant en 1914-1918. De retour à Berlin, acclamé, il jouit d'un prestige immense auprès du peuple allemand et d'une autorité sans partage sur ses généraux.
Au sommet de sa puissance, Hitler doit choisir la suite. Il peut chercher un accord avec le Royaume-Uni, en lui proposant une paix qui consacrerait la domination allemande sur le continent. Il peut forcer la décision contre l'Angleterre par l'invasion ou le blocus. Ou il peut se tourner vers l'Est et son objectif idéologique de toujours : l'écrasement de l'URSS et la conquête d'un « espace vital ».
L'ivresse de la victoire et l'absence d'opposition interne lui laissent les mains libres. Ce choix, fait à l'apogée de 1940, va déterminer la trajectoire de toute la guerre — et, à terme, le destin du Reich.
Au sommet de sa puissance, Hitler doit-il chercher un accord avec Londres, forcer la décision contre l'Angleterre, ou se tourner vers l'Est ?
Hitler tente d'abord C puis A, avant de basculer vers B : le 19 juillet 1940, au Reichstag, il lance un « appel à la raison » à Londres (tout en promouvant douze généraux au grade de maréchal) — rejeté par Churchill. Il ordonne alors la préparation de l'invasion (Otarie) et la bataille d'Angleterre, qui échoue faute de maîtrise du ciel. Dès l'automne 1940, convaincu qu'il ne peut soumettre l'Angleterre directement et fidèle à son obsession idéologique, il oriente ses plans vers l'Est : ce sera l'opération Barbarossa contre l'URSS en juin 1941. L'apogée de l'été 1940 contient déjà le germe de la sur-extension qui perdra le Reich. La victoire à l'Ouest fut le sommet — et le commencement de la fin.









