Hitler face à ses généraux
Au printemps 1939, l'Allemagne a déjà absorbé l'Autriche, démembré la Tchécoslovaquie et arraché Memel à la Lituanie. Le succès de ces coups de force sans guerre a renforcé la confiance de Hitler dans sa propre audace. Mais la Pologne, soutenue depuis le 31 mars par une garantie britannique, refuse de céder Dantzig.
Le 23 mai 1939, Hitler réunit ses principaux chefs militaires à la Chancellerie. Devant eux, il expose sa pensée — un compte rendu en sera tenu par son aide de camp Schmundt. La question, dit-il en substance, n'est pas Dantzig en soi, mais l'« espace vital » et l'accès aux ressources ; la Pologne doit être attaquée à la première occasion favorable.
Reste l'inconnue majeure : les puissances occidentales. Une attaque contre la Pologne risque de déclencher une guerre générale que l'Allemagne n'est pas certaine de gagner sur deux fronts. Hitler doit fixer le cap à son état-major : préparer fermement la guerre contre la Pologne en pariant sur la passivité ou l'isolement de l'Ouest, temporiser, ou se contenter d'une pression diplomatique.
Hitler doit-il ordonner à ses généraux de préparer l'attaque de la Pologne, au risque d'une guerre générale ?
Hitler choisit A : devant ses généraux, il affirme sa résolution d'attaquer la Pologne à la première occasion et de régler le problème par la force, tout en cherchant à isoler Varsovie de ses alliés. La directive de planification militaire « Fall Weiss » est mise en chantier. Hitler parie que la France et le Royaume-Uni, comme à Munich, reculeront ou n'agiront pas à temps. Ce pari sur la passivité occidentale, et la quête d'un accord avec l'URSS pour éviter le second front, vont structurer toute la diplomatie allemande de l'été 1939. La directive « Fall Weiss » fixe dès lors l'objectif d'une attaque possible à partir de la fin août, sous réserve d'une occasion favorable.









