Hitler après Molotov — Berlin, novembre 1940
, maître du Reich depuis la nouvelle chancellerie de Berlin, a remporté à l'Ouest une victoire éclatante mais n'a pu briser l'Angleterre. Son obsession reste l'Est et l'espace vital ; reste à savoir s'il doit d'abord neutraliser l'URSS par la diplomatie ou par les armes.
Le pacte germano-soviétique d'août 1939 lui a couvert les arrières, mais Staline encaisse les gains : États baltes, Bessarabie, Bukovine. Les ambitions soviétiques dans les Balkans et vers les Détroits inquiètent Berlin, d'autant que le Reich vient d'installer une garantie sur la Roumanie et ses pétroles.
Le 12 novembre 1940, le commissaire aux Affaires étrangères arrive à Berlin sous la pluie. Reçu par Ribbentrop, Göring, Hess puis Hitler les 12 et 13 novembre, on lui propose d'adhérer au Pacte tripartite et de se tailler une part dans le « partage de l'Empire britannique » vers le sud. Molotov, intraitable, réclame des garanties concrètes en Finlande, dans les Balkans et sur les Détroits. Une alerte aérienne britannique chasse même les convives vers un abri.
Molotov repart le 14 novembre les mains vides. Hitler doit trancher : maintenir l'arrangement avec Moscou, ou consacrer définitivement le tournant vers l'Est.
Au lendemain de la visite décevante de Molotov, que décide Hitler envers l'URSS ?
Hitler choisit A. Quand Moscou répond par une longue liste d'exigences pour adhérer au Pacte tripartite, Berlin ne répond pas. Le 18 décembre 1940, Hitler signe la directive n° 21 de l'OKW : « La Wehrmacht doit être prête à écraser la Russie soviétique par une campagne rapide (opération Barbarossa) avant même la fin de la guerre contre l'Angleterre. » La rencontre avec Molotov, loin de rapprocher les deux régimes, a convaincu Hitler que l'URSS était un partenaire trop encombrant et un adversaire à abattre. Six mois plus tard, le 22 juin 1941, près de trois millions de soldats de l'Axe franchiront la frontière soviétique, ouvrant le front le plus meurtrier de la guerre.









