Devant Moscou : tenir ou reculer ?
reçoit ce jour-là la démission du maréchal , commandant en chef de l'armée de terre, que la contre-offensive foudroyante du général a réduit à l'impuissance. Depuis la mi-novembre, les blindés soviétiques enfoncent le centre du front à moins de 30 kilomètres de , et les températures plongent à moins 35 degrés. Plusieurs commandants de panzer, dont et , pressent le Haut Commandement d'autoriser un repli élastique vers des lignes préparées à l'arrière ; ils invoquent le spectre de 1812 et la destruction de la Grande Armée dans les neiges russes.
Hitler, lui, est convaincu que tout recul volontaire déchirerait le front et déclencherait une fuite incontrôlable. 3 voies s'affrontent dans son esprit : prendre personnellement les rênes de l' et ordonner à chaque division de tenir sur place, sans céder un mètre de terrain, quitte à se laisser encercler plutôt que de rompre ; accorder aux généraux le repli élastique réclamé, en retraitant vers des positions défensives préparées à 80 ou 100 kilomètres à l'ouest, au risque de perdre l'initiative et d'exposer les flancs ; ou nommer un commandant unique disposant des pleins pouvoirs pour organiser une retraite ordonnée sur l'ensemble de l'arc central, solution qui reviendrait à déléguer une décision que Hitler considère comme vitale pour le régime lui-même.
Au fond de la salle de conférences de la , entouré de cartes qui signalent des brèches de 20 à 40 kilomètres, il doit trancher avant que le dégel du printemps ne rende la décision caduque.
Wolfsschanze, 19 décembre 1941, chancelier et chef suprême du Reich : face à l'effondrement du front de l'Est, comment enrayer la débâcle du groupe d'armées Centre ?
Hitler se nomme lui-même commandant en chef de l' le 19 décembre 1941 et promulgue le Haltbefehl : pas un pas en arrière. Il limoge Guderian le 25 décembre, Hoepner le 8 janvier 1942, ainsi que des dizaines d'autres généraux jugés défaitistes. Le front tient, au prix de pertes effroyables et de soldats gelés par dizaines de milliers. Hitler en tire la conviction absolue que sa seule volonté a sauvé l'armée — une certitude qui renforcera son emprise désastreuse sur la conduite des opérations jusqu'à Stalingrad et au-delà.
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