Fall Gelb — l’ordre du 9 mai 20h
Après six mois de drôle de guerre et vingt-neuf reports successifs, Fall Gelb est enfin lancé. Hitler en donne l’ordre le 9 mai 1940 à 20h00, d’une formule sèche : « Fall Gelb, X-Tag = 10.5.1940. » Le soir même, il quitte Berlin à bord de son train spécial Amerika et gagne, au matin du 10 mai, son quartier général avancé du Felsennest, près de Mönichkirchen, dans l’Eifel.
Le plan retenu est le Sichelschnitt imaginé par Manstein, qui lance simultanément trois groupes d’armées. Au nord, la de doit fondre sur les Pays-Bas et le nord de la Belgique pour y attirer les Alliés. Au centre, la de porte le coup principal, perçant par les Ardennes en direction de Sedan puis de la Manche. Au sud, la de se borne à fixer passivement la ligne Maginot.
Les forces engagées sont considérables : trois millions d’Allemands, deux mille cinq cents chars — dont huit cents seulement de modèles modernes, les Panzer III et IV — et cinq mille avions. En face se tiennent deux millions d’Alliés, soit le corps expéditionnaire britannique, l’armée française, les Belges et les Hollandais, alignant trois mille six cents chars techniquement supérieurs du côté français, avec les B1 bis et les Somua S35, et trois mille avions.
À 04h35, l’offensive se déclenche partout à la fois, dans une surprise opérationnelle quasi totale. Dès les premières heures, les commandos s’emparent de cent trente ponts, les parachutistes s’abattent sur les Pays-Bas et l’assaut commence sur Eben-Emael. Hitler doit immédiatement fixer le tempo opérationnel de ses Panzers.
Quel tempo opérationnel Hitler doit-il imposer à la Wehrmacht ?
Hitler et les commandants de Panzers — Guderian, Rommel, Reinhardt, Hoth — appliquent B. La doctrine du Blitzkrieg atteint sa perfection en six semaines : percée de Sedan le 13 mai, atteinte de l’Atlantique à Abbeville le 20 mai, encerclement de 800 000 Alliés dans la « poche de Flandres ». L’effondrement français sera achevé le 22 juin 1940. Le bilan définitif de Fall Gelb et de Fall Rot s’établit à environ 27 000 morts allemands, 100 000 morts français, 1,8 million de prisonniers français, 30 000 morts britanniques et 15 000 morts belges et hollandais. La Wehrmacht atteint un sommet de prestige militaire ; Hitler devient l’homme le plus puissant d’Europe continentale. Mai-juin 1940 reste l’une des victoires les plus complètes de l’histoire militaire moderne — comparable à Austerlitz 1805, Sedan 1870, Tannenberg 1914.









