À la fin de 1940, Hitler n'a pu abattre la Grande-Bretagne : l'invasion de l'île a été ajournée, le Blitz n'a pas brisé le moral britannique. Le Führer revient à son obsession idéologique et stratégique : la destruction de l'Union soviétique, source du « Lebensraum » et des ressources qu'il juge nécessaires à une guerre longue. La visite de Molotov à Berlin en novembre l'a convaincu que Moscou restait un obstacle.
Au sein de l'état-major, les plans d'invasion ont mûri tout l'automne, mais un débat divise les chefs. Faut-il faire de Moscou l'objectif principal, comme le veut le chef d'état-major Halder, pour détruire le gros de l' et frapper au cœur ? Ou disperser l'effort vers les « chaudrons » des flancs — Leningrad et la Baltique au nord, l'Ukraine et son blé, le Donbass et le pétrole du Caucase au sud ?
Le 18 décembre 1940, Hitler doit arrêter le plan définitif. Le choix de l'axe principal déterminera toute la campagne à venir, dont le succès, espère-t-il, sera « une affaire de quelques semaines ».
Berlin, décembre 1940, au haut commandement allemand : quel axe principal donner à l'invasion de l'URSS ?
Hitler tranche pour une version donnant la priorité aux flancs — Leningrad au nord, l'Ukraine et le Caucase au sud — dans la directive n°21, « Cas Barbarossa », signée le 18 décembre 1940 : 3 groupes d'armées attaqueront, mais l'objectif premier est de détruire l' dans l'ouest et de saisir Leningrad et les ressources d'Ukraine avant tout assaut sur Moscou. Cette ambiguïté sur l'axe principal — Moscou ou les flancs — empoisonnera la conduite de la campagne à l'été 1941 et coûtera aux Allemands un temps précieux. La directive fixe une date de préparation pour la mi-mai 1941. C'est l'acte fondateur de la guerre la plus meurtrière de l'Histoire, et le tournant qui transforme un conflit européen en affrontement total à l'Est. Halder, partisan de Moscou, exécutera un plan dont il doute.
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