Le franchissement de la Meuse à Dinant
Le 13 mai 1940, après la traversée des Ardennes, les divisions blindées allemandes atteignent la Meuse, dernier grand obstacle naturel avant la plaine française. À Dinant et Houx, le général , à la tête de la , doit forcer le fleuve face à une défense française qui tient la rive ouest.
Le franchissement d'un fleuve sous le feu est l'une des opérations les plus périlleuses : les premiers passeurs, sur de frêles canots pneumatiques, s'exposent à un tir meurtrier, et l'artillerie d'en face peut clouer toute tentative. Attendre l'arrivée de l'artillerie lourde et un appui aérien massif serait plus sûr, mais laisserait aux Français le temps de se renforcer.
Rommel doit choisir le tempo. Lancer immédiatement le passage en force, en payant le prix fort pour exploiter la surprise et la désorganisation adverse. Attendre un appui d'artillerie et de Stukas pour réduire les pertes, au risque de perdre l'élan. Ou chercher un point de passage moins défendu en amont. La rapidité de la percée de la Meuse décidera du sort de la campagne.
Rommel doit-il forcer la Meuse immédiatement, attendre l'appui lourd, ou chercher un autre point de passage ?
Rommel choisit A : dès le 13 mai, il pousse ses hommes à travers la Meuse à Dinant et Houx, payant de sa personne, traversant lui-même pour entraîner ses troupes et improvisant des écrans de fumée pour masquer les passeurs. La tête de pont est établie au prix de pertes sévères mais permet, dès le lendemain, de faire passer les chars. Conjuguée à la percée de Guderian à Sedan le même jour, la rupture du front de la Meuse ouvre la voie à la course vers la Manche. L'audace du franchissement immédiat, malgré le risque, devient l'un des ressorts décisifs de la victoire allemande à l'Ouest.









