Marita — l'invasion de la Grèce
Pour secourir son allié italien embourbé en Albanie et sécuriser son flanc sud avant Barbarossa, Hitler a décidé d'envahir la Grèce (opération Marita). Le 6 avril 1941, la du Feldmarschall , massée en Bulgarie, attaque simultanément la Grèce et la Yougoslavie. Les Grecs ont concentré l'essentiel de leurs forces face aux Italiens en Albanie et le long de la ligne Metaxas, fortifications frontalières face à la Bulgarie.
Le dispositif grec a une faille béante : il suppose la neutralité ou la résistance yougoslave pour couvrir son flanc nord-ouest, par où passent la vallée du Vardar et la route de Salonique. Or l'armée yougoslave, attaquée le même jour, est elle-même en pleine épreuve. List doit choisir l'axe de son effort principal.
Faut-il attaquer frontalement la solide ligne Metaxas, au prix de lourdes pertes ; contourner par le nord-ouest yougoslave, en fonçant sur Salonique pour couper l'armée grecque de Macédoine orientale ; ou viser directement le sud pour prendre à revers les forces grecques et le corps expéditionnaire britannique ? La rapidité de la décision déterminera l'ampleur de la victoire.
Où List doit-il porter l'effort principal de Marita ?
List combine A et surtout B : tandis que des unités s'usent contre la ligne Metaxas — dont les défenseurs résistent avec acharnement —, le gros de la exploite l'effondrement yougoslave, dévale la vallée du Vardar et prend Salonique dès le 9 avril, encerclant l'armée grecque de Macédoine orientale, qui capitule. La voie est ouverte vers le sud. Le corps expéditionnaire britannique et les forces grecques, débordés et écrasés sous la supériorité aérienne allemande, doivent battre en retraite vers Athènes et le Péloponnèse. La résistance des fortins de la ligne Metaxas force le respect des Allemands eux-mêmes, mais ne peut empêcher la conquête de la Grèce continentale en trois semaines.









