O'Connor lance Compass — Sidi Barrani
Depuis septembre 1940, l'armée italienne de Graziani occupe une bande du désert égyptien, autour de Sidi Barrani, où elle a établi une série de camps fortifiés sans pousser vers les positions britanniques. Le commandant en chef au Moyen-Orient, Wavell, et le chef de la , le général , disposent de forces très inférieures en nombre : à peine deux divisions, la 7e blindée et la 4e division indienne, contre une dizaine de divisions italiennes.
Mais les cryptographes du Caire ont percé les codes italiens, révélant la disposition exacte des camps et un défaut majeur : des intervalles non défendus entre eux. O'Connor a conçu un raid audacieux de cinq jours, censé frapper par surprise dans ces brèches avant de se replier.
Le 9 décembre, l'attaque s'enfonce dans le dispositif italien. Les premiers camps tombent vite, les prisonniers affluent par milliers, et l'ennemi se débande plus complètement que prévu. O'Connor se trouve alors devant un choix qu'il n'avait pas anticipé : s'en tenir au raid limité décidé faute de réserves, ou transformer l'opération en offensive d'exploitation vers la Libye, au risque de distendre des lignes de ravitaillement déjà fragiles.
O'Connor doit-il s'en tenir au raid prévu ou exploiter la débandade italienne vers la Libye ?
O'Connor choisit B. Sidi Barrani tombe dès le 10 décembre, avec des dizaines de milliers de prisonniers ; les camps fortifiés s'effondrent les uns après les autres. Ce qui devait être un raid de cinq jours se mue en l'une des plus foudroyantes offensives de la guerre : la franchit la frontière, prend Sollum et fonce vers Bardia et Tobrouk. En deux mois, l'opération Compass détruira dix divisions italiennes, fera plus de 130 000 prisonniers et avancera de près de 800 km, jusqu'à Beda Fomm. Le succès, obtenu avec une poignée d'hommes, est si total qu'il décide bientôt Hitler à envoyer Rommel sauver son allié. O'Connor incarne ici l'audace du chef qui transforme un coup de main en victoire stratégique.









