Graziani entre en Égypte — Sidi Barrani
Le maréchal commande en Libye la , forte de plusieurs centaines de milliers d'hommes, face à des forces britanniques bien moins nombreuses en Égypte. Mussolini, qui veut une victoire africaine à présenter pendant que l'Allemagne s'attaque à l'Angleterre, presse Graziani d'envahir l'Égypte et de marcher sur le canal de Suez. L'enjeu est considérable : le canal est l'artère vitale qui relie la Grande-Bretagne à son empire d'Asie et à ses approvisionnements en pétrole.
Graziani, lui, connaît ses faiblesses : ses divisions manquent de camions, de blindés modernes et de logistique pour franchir le désert. Le 9 septembre, il finit par lancer l'offensive. Les Italiens repoussent les détachements de couverture britanniques, reprennent Fort Capuzzo, franchissent la frontière et progressent le long de la côte.
Le 16 septembre, ils atteignent Sidi Barrani, à une centaine de kilomètres à l'intérieur de l'Égypte. Devant eux, les principales positions britanniques de Mersa Matruh restent à plus de 130 km. Graziani doit décider : pousser aussitôt vers Mersa Matruh tant que les Britanniques reculent, ou s'arrêter à Sidi Barrani pour consolider sa logistique avant de reprendre l'avance.
Graziani doit-il poursuivre vers Mersa Matruh ou s'arrêter à Sidi Barrani ?
Graziani choisit B : il stoppe à Sidi Barrani et fait construire une série de camps fortifiés, attendant routes et ravitaillement avant toute reprise. L'avance italienne s'immobilise pour des mois. Ce répit donne au commandant britannique au Moyen-Orient, , le temps de préparer une contre-offensive. En décembre 1940, l'opération Compass balaiera ces camps et rejettera les Italiens loin en Libye, faisant des dizaines de milliers de prisonniers. L'arrêt prudent de septembre, qui devait sécuriser l'offensive, l'aura en réalité condamnée : la s'est figée à portée d'un adversaire qu'elle croyait en fuite. Graziani, désavoué, quittera son commandement au début de 1941.









