Hitler envoie Rommel en Afrique
L'effondrement italien en Cyrénaïque inquiète Hitler : la perte de la Libye ouvrirait la route de la Tunisie aux Britanniques et menacerait le flanc sud de l'Axe, à quelques mois de Barbarossa. Mussolini, qui avait refusé toute aide allemande, doit s'y résoudre. Le 6 février 1941, Hitler reçoit à Berlin le Generalleutnant , héros de la campagne de France, et lui confie le commandement d'un corps expéditionnaire allemand — le futur — envoyé en Tripolitaine.
La mission fixée par Hitler est strictement défensive : bloquer l'avance britannique, tenir Tripoli, empêcher toute percée vers la Tunisie. Les premiers éléments allemands () commencent à débarquer le 12 février, jour où Rommel lui-même arrive à Tripoli ; la doit suivre. Mais les Britanniques, eux, ont arrêté leur avance à El Agheila et détournent leurs meilleures unités vers la Grèce.
Rommel découvre un adversaire affaibli et étiré. Il doit décider de l'esprit dans lequel mener sa campagne : s'en tenir à la consigne défensive de Berlin et de Rome, attendre l'arrivée de toutes ses forces avant d'agir, ou prendre l'initiative offensive dès que possible, en pariant sur la faiblesse momentanée de l'ennemi.
Rommel doit-il respecter la consigne défensive ou prendre l'offensive sans attendre ?
Rommel choisira C, au mépris des ordres. Dès la fin mars 1941 — sans attendre toutes ses forces ni l'aval de ses supérieurs — il lance une offensive qui reprend en quelques semaines presque tout le terrain conquis par Compass, assiège Tobrouk et rejette les Britanniques jusqu'à la frontière égyptienne. Son audace lui vaut le surnom de « Renard du désert » et une légende qui dépasse les camps. Mais elle inaugure aussi deux ans de guerre du désert épuisante, où l', toujours à court de ravitaillement (Malte coupant ses convois), finira par être broyé à El Alamein puis en Tunisie en 1943. L'arrivée de Rommel en février 1941 transforme un théâtre secondaire en l'un des plus fameux de la guerre.









