Cunningham vers Mogadiscio
Pendant que Platt attaque l'Érythrée par le nord, le général — frère de l'amiral — commande l'offensive venue du Kenya vers le sud de l'Afrique orientale italienne. Ses forces sont composées en grande partie de troupes africaines (divisions sud-africaine, ouest-africaine et est-africaine), dans un théâtre immense, mal cartographié, à la logistique éprouvante.
Le plan initial de Wavell était prudent : sécuriser la frontière du Kenya et progresser méthodiquement. Mais en février 1941, Cunningham constate que les Italiens, isolés et démoralisés, opposent une résistance bien moindre que prévu. La rivière Juba franchie, la route du port de Mogadiscio, capitale de la Somalie italienne, s'ouvre devant lui.
Cunningham doit décider du tempo : foncer à toute vitesse vers Mogadiscio et au-delà, en pariant sur l'effondrement italien malgré l'allongement vertigineux de ses lignes de ravitaillement ; avancer prudemment pour ne pas se retrouver à court de carburant en plein désert ; ou consolider ses gains avant toute poussée plus profonde. L'enjeu dépasse la Somalie : briser l'Afrique orientale italienne sécuriserait la mer Rouge et libérerait des forces pour d'autres fronts.
Cunningham doit-il foncer sur Mogadiscio ou avancer prudemment ?
Cunningham choisit A. Profitant de la débandade italienne, ses colonnes motorisées franchissent la Juba et s'emparent de Mogadiscio dès la fin février 1941, capturant intacts d'importants stocks de carburant — ce qui résout en partie le problème logistique et permet de poursuivre l'avance. De là, ses troupes remontent vers l'Éthiopie à une vitesse spectaculaire (plus de 1 000 km en quelques semaines), convergeant avec l'offensive de Platt et le soulèvement éthiopien soutenu par l'ordre de bataille de l'empereur . Addis-Abeba tombera début avril 1941. La campagne d'Afrique orientale, l'une des premières grandes victoires terrestres alliées de la guerre, restaure l'Éthiopie dans son indépendance et sécurise la mer Rouge pour les convois vers l'Égypte.









