Peng Dehuai — l'offensive des Cent Régiments
Depuis 1937, le Japon occupe les villes et les axes de la Chine du Nord, où les communistes de mènent une guérilla rurale. À l'été 1940, le général , commandant adjoint de la , lance la plus vaste offensive communiste de la guerre : l'offensive des Cent Régiments. Sa première phase a frappé avec succès chemins de fer, ponts, mines et lignes de communication japonaises, désorganisant l'occupation.
Le succès enivre. La a montré qu'elle pouvait coordonner des dizaines de milliers d'hommes et tenir tête, par endroits, aux garnisons japonaises. Mais cette visibilité a un coût : elle révèle l'ampleur réelle des forces communistes, jusque-là dissimulée, et provoque le retour de détachements japonais dans les zones dégarnies.
Peng doit choisir la suite. Poursuivre en passant à l'assaut frontal des blockhaus et des places fortes japonaises ferait basculer la guérilla vers une guerre de positions coûteuse ; revenir au harcèlement préserverait ses forces mais perdrait l'élan. Un autre enjeu pèse : Mao, soucieux de ménager le potentiel communiste pour l'après-guerre, voit d'un œil méfiant une offensive aussi exposée.
Peng Dehuai doit-il intensifier l'offensive ou revenir à la guérilla d'usure ?
Peng opte pour A et élargit l'offensive aux points d'appui japonais. Les premiers mois sont spectaculaires, mais les Japonais répliquent par une campagne de représailles d'une brutalité extrême — la politique des « Trois Tout » (tout tuer, tout brûler, tout piller) — qui ravage les bases communistes et fait d'énormes pertes civiles. L'offensive des Cent Régiments, achevée fin 1940, aura prouvé la combativité communiste mais à un prix très lourd. Mao reprochera plus tard à Peng d'avoir trop exposé ses forces et dévoilé sa puissance ; ce grief ressurgira lors des purges des décennies suivantes. L'épisode illustre les tensions stratégiques au sein de la résistance chinoise, partagée entre frapper l'occupant et préserver ses moyens.









