Arras — les Matilda contre le flanc de Rommel
Le major-general , commandant la britannique, reçoit le 21 mai 1940 la mission de contre-attaquer au sud d’Arras pour gêner la ruée allemande vers la Manche. On lui confie une force composite baptisée : des éléments des 5e et 50e divisions d’infanterie et la (4e et 7e Royal Tank Regiments), soit environ 2 000 hommes et 74 chars.
Ces blindés sont des Matilda : 58 Mk I, armés d’une simple mitrailleuse, et 16 Mk II, plus lourds. Lents — une douzaine de km/h —, ils possèdent un atout décisif : un blindage frontal d’environ 70 mm, que le canon antichar allemand standard de 37 mm ne perce pas. En face avance la d’, qui ne s’attend pas à une attaque venue du nord.
L’heure H est fixée à l’après-midi. Franklyn dispose de moyens limités, sans appui aérien ni réserve d’infanterie fraîche. Il doit fixer l’objectif de sa colonne avant de la lancer contre le flanc des Panzers.
Jusqu’où Franklyn doit-il pousser la contre-attaque d’Arras ?
Franklyn applique A dans sa version réaliste : il lance la vers le sud, sur l’axe Mercatel-Beaurains. La surprise est totale. Les canons de 37 mm allemands ricochent sur les Matilda ; l’infanterie de Rommel reflue, et le général connaît, de son propre aveu, un bref moment de crise. Rommel improvise alors la parade qui fera école : il met en batterie ses canons antiaériens de 88 mm et ses pièces de 105 mm en tir tendu antichar. À courte distance, le 88 perce enfin le blindage des Matilda. La contre-attaque s’épuise dans la soirée ; la perd une soixantaine de ses chars. Tactiquement, Arras est un échec. Stratégiquement, le choc ébranle le commandement allemand : la crainte d’une menace sur le flanc des blindés pèse dans la décision du Halt-Befehl du 24 mai, qui suspend les Panzers devant Dunkerque et rend possible l’évacuation. Arras, bataille perdue, contribue ainsi à sauver la BEF.









