Après la percée de Sedan, le commandement français cherche désespérément à stopper la progression allemande. Le 15 mai 1940, ordonne au général , CEMA français, de constituer une force de contre-attaque sur le flanc nord de Guderian. La () est confiée au colonel , 49 ans, promu général de brigade à titre temporaire le 15 mai.
De Gaulle dispose officiellement de trois BCC (bataillons de chars de combat — Renault B1 bis, Hotchkiss H39, Renault R35) — environ 140 chars. En réalité, la division est fictive : chars hâtivement rassemblés depuis différentes garnisons (Bruyères-le-Châtel, Saumur, Rambouillet), équipages non entraînés ensemble, pas d’infanterie portée, pas de soutien aérien, pas de service de ravitaillement organisé.
Mission donnée par Doumenc : attaquer Montcornet (Aisne), où sont les arrières de Guderian — état-major, dépôts, services. Distance à parcourir : 90 km en 18 heures.
De Gaulle doit choisir entre attaquer dans ces conditions, refuser, ou exiger un délai.
De Gaulle a-t-il les moyens d’une attaque significative ?
De Gaulle choisit A. Le 17 mai 1940 à 04h15, attaque sur Montcornet par le sud avec 90 chars opérationnels. Surprise tactique : les services arrière allemands sont pris au dépourvu. La pénètre dans Montcornet, capture 130 prisonniers, brûle des camions, panique l’état-major du (Guderian rapporte dans ses mémoires avoir failli être capturé). Mais sans appui aérien ni infanterie portée, la ne peut tenir. Les Stukas du contre-attaquent l’après-midi. De Gaulle se replie sur Laon avec 23 chars perdus. Bilan : retard de 24 heures imposé à Guderian, sans changement stratégique global. De Gaulle attaque à nouveau le 28 mai à Abbeville. Le 5 juin, Reynaud le nomme sous-secrétaire d’État à la Défense nationale. Le 17 juin, il passe à Londres ; le 18 juin, Appel sur les ondes de la BBC. Montcornet 17 mai est l’une des rares victoires tactiques françaises de la campagne — elle valide implicitement la doctrine des divisions blindées concentrées que De Gaulle prônait dans Vers l’armée de métier (Berger-Levrault, 1934). Trop tard pour la France ; mais cette action fonde la légitimité militaire qui rendra possible la suite.









