Le 17 mai 1940, le colonel , à la tête de la encore en formation, reçoit l'ordre de contre-attaquer pour ralentir la percée allemande dans la région de Laon. Théoricien de l'emploi massif des blindés, il voit là l'occasion d'appliquer ses idées — longtemps ignorées par le haut commandement français.
Sa division est incomplète, hétéroclite, sans appui aérien ni soutien d'infanterie suffisant, face à un ennemi en plein élan. Attaquer dans ces conditions est risqué ; mais ne rien faire, c'est laisser filer les Panzers vers la Manche sans réaction.
De Gaulle doit décider. Foncer vers Montcornet pour frapper les arrières allemands et démontrer la valeur de la manœuvre blindée. Différer l'attaque jusqu'à disposer de forces complètes et d'un appui aérien, au risque de manquer l'occasion. Ou mener une action limitée de harcèlement, plus prudente. C'est aussi sa conception de la guerre moderne qu'il veut prouver sur le terrain.
De Gaulle doit-il foncer sur Montcornet, différer l'attaque, ou se limiter à du harcèlement ?
De Gaulle choisit A : le 17 mai, il pousse sa division vers Montcornet, bousculant des éléments allemands et atteignant les abords de la ville. Mais, privé d'appui aérien (les Stukas le harcèlent) et de soutien d'infanterie, il doit se replier. Il renouvellera l'effort vers Crécy-sur-Serre les jours suivants, avec un succès local mais sans effet stratégique. Ces contre-attaques, parmi les rares initiatives offensives françaises de la campagne, confirment les thèses de De Gaulle sur les blindés et contribueront à son prestige et à sa promotion au rang de général. Elles soulignent, a contrario, l'occasion manquée d'une doctrine blindée française cohérente.









