La panique de Bulson
Dans la nuit du 13 au 14 mai 1940, peu après la percée allemande à Sedan, une rumeur se répand dans les arrières français : « les chars allemands sont à Bulson ! » Dans la confusion de la nuit, nul ne peut confirmer ni démentir la nouvelle. La panique gagne l'artillerie et les services de la , troupe de réserve de qualité médiocre, déjà ébranlée par les bombardements de Stukas.
Le sort de la défense au sud de Sedan dépend de la réaction des artilleurs, pivot de toute résistance. Tenir leurs positions et continuer à appuyer l'infanterie, c'est permettre une contre-attaque et boucher la brèche. Abandonner les pièces pour fuir une menace impossible à confirmer, c'est ouvrir un trou béant dans le dispositif au moment le plus critique.
Les artilleurs peuvent tenir leurs positions et vérifier l'information avant de réagir. Se replier en ordre sur une ligne arrière. Ou fuir précipitamment devant la rumeur. La « panique de Bulson » illustre comment une rumeur, sur une troupe au moral fragile, peut décider du sort d'une bataille.
L'artillerie de la 55e DI doit-elle tenir ses positions, se replier en ordre, ou fuir devant la rumeur ?
C'est C qui l'emporte : dans la nuit du 13 au 14 mai, l'artillerie et les arrières de la abandonnent leurs positions et refluent dans le désordre, sur la foi d'une rumeur de chars sans fondement. Cette « panique de Bulson » prive la défense française de son artillerie au sud de Sedan au moment décisif, alors qu'une contre-attaque aurait pu rejeter la fragile tête de pont allemande à la Meuse. L'épisode, emblématique de la fragilité morale d'unités de réserve mal préparées et de l'effet dévastateur des bombardements en piqué, contribue à transformer la percée locale de Sedan en rupture stratégique irréparable.









