Fin mai 1940, tandis que l'évacuation de Dunkerque bat son plein, une partie de la se retrouve encerclée autour de Lille, à une cinquantaine de kilomètres de la côte. Ces unités, coupées du gros des forces, n'ont plus d'espoir réaliste de rejoindre les plages.
Leur commandant, le général , fait face à un choix d'arrière-garde. En continuant à se battre dans le « réduit de Lille », ces troupes fixent plusieurs divisions allemandes — jusqu'à sept, dit-on — qui, autrement, fonceraient sur Dunkerque et compromettraient l'évacuation. Mais c'est au prix de leur propre sacrifice.
Molinié peut résister dans Lille pour fixer le maximum de forces allemandes au profit de Dunkerque. Capituler rapidement pour épargner ses hommes face à une situation sans issue. Ou tenter une sortie désespérée vers la côte. La décision oppose le salut immédiat de ses soldats à l'intérêt supérieur de l'armée qui se rembarque plus au nord.
Molinié doit-il résister dans Lille pour couvrir Dunkerque, capituler vite, ou tenter une sortie ?
Molinié choisit A : du 28 au 31 mai, environ 40 000 soldats français tiennent le réduit de Lille et fixent plusieurs divisions allemandes, contribuant à couvrir l'évacuation de Dunkerque. À court de munitions et sans espoir, la garnison capitule le 31 mai. En hommage à leur courage, les Allemands accordent aux défenseurs les honneurs de la guerre : les soldats français défilent en armes devant l'ennemi avant la captivité — fait rare. Le siège de Lille reste l'un des plus beaux faits d'armes de l'armée française en 1940, exemple d'un sacrifice d'arrière-garde au service de l'évacuation alliée.









