La ligne Weygand sur la Somme
Après le désastre du Nord et l'évacuation de Dunkerque, la France a perdu ses meilleures divisions. Le nouveau commandant en chef, le général , doit organiser la défense de ce qui reste, le long de la Somme et de l'Aisne, face à une Wehrmacht qui s'apprête à lancer la seconde phase de son offensive (« Fall Rot ») vers le sud.
Les forces sont insuffisantes pour tenir un front continu, et la disproportion des moyens est écrasante. Weygand doit choisir sa stratégie. Tenir une défense en profondeur par points d'appui fortifiés, pour user l'ennemi et sauver l'honneur. Replier d'emblée sur la Loire ou plus au sud, pour préserver une armée et négocier en meilleure posture. Ou tout miser sur une défense rigide de la ligne Somme-Aisne, au risque d'un nouvel effondrement.
C'est la dernière bataille rangée de la campagne de France qui se prépare. Quelle que soit l'option retenue, elle engagera le sort de Paris et l'image que l'armée française laissera de sa résistance ultime. Weygand doit trancher.
Weygand doit-il organiser une défense en hérissons, se replier au sud, ou tenir une ligne rigide ?
Weygand retient C : la « ligne Weygand » s'appuie sur une défense en profondeur par « hérissons », des points d'appui fortifiés — villages, bois — tenus jusqu'au bout pour briser l'élan des blindés plutôt qu'une ligne linéaire vite percée. Du 5 au 9 juin, l'infanterie française résiste avec acharnement, infligeant aux Allemands des pertes bien supérieures à celles de mai et démontrant qu'elle avait tiré les leçons tactiques de la débâcle. Mais le rapport de forces est désespéré : les Panzers finissent par percer, et le front cède. La ligne Weygand sauve l'honneur de l'armée française et montre ce qu'une défense bien pensée pouvait accomplir — trop tard, avec trop peu de moyens. La route de Paris est ouverte.









