Après deux mois de campagne (avril-juin 1940), la résistance norvégienne touche à sa fin. Les Alliés, accaparés par l'effondrement en France, évacuent la région de Narvik. Le Premier ministre travailliste et le roi — qui a refusé de reconnaître le gouvernement collaborateur de Quisling — n'ont plus de territoire à défendre. Tromsø, dans le Grand Nord, est le dernier port resté libre et sert de capitale provisoire depuis quelques semaines.
Le 7 juin, le croiseur britannique HMS Devonshire se tient prêt à embarquer le roi, le gouvernement et la famille royale. La question n'est pas seulement de fuir, mais de choisir d'où poursuivre la lutte. La Norvège dispose d'un atout considérable : sa marine marchande, la Nortraship, l'une des plus grandes flottes du monde, dont les navires dispersés sur toutes les mers peuvent devenir une ressource stratégique majeure pour le camp allié.
Nygaardsvold doit décider du lieu de l'exil — proximité du combat ou sécurité maximale — sachant que ce choix engagera la place de la Norvège dans la coalition.
Où le gouvernement norvégien en exil doit-il s'établir ?
Nygaardsvold choisit A. Le roi, le gouvernement et les réserves d'or de la Banque de Norvège embarquent sur le Devonshire et gagnent Londres, d'où la Norvège poursuivra la guerre jusqu'en 1945. La flotte marchande, gérée par la Nortraship depuis Londres et New York, apportera aux Alliés un appoint décisif en pétroliers et cargos — au prix fort : plusieurs centaines de navires coulés et des milliers de marins norvégiens tués pendant le conflit. Nygaardsvold rentre au pays en 1945, où sa gestion de la défense d'avril 1940 sera critiquée ; il quitte la vie politique et meurt en 1952. Le ralliement du roi et du gouvernement, et surtout de la flotte, fait de la Norvège un allié bien plus utile que ne le laissait présager sa défaite militaire.









