Hannah Arendt, apatride et internée, face à l'exil
Déchue de la nationalité allemande en 1937, vit à Paris comme apatride depuis sa fuite de l'Allemagne nazie en 1933, travaillant pour des œuvres de secours aux réfugiés juifs.
Au printemps 1940, les autorités françaises internent les ressortissants du Reich comme « sujets ennemis ». En mai 1940, Arendt est envoyée au camp de Gurs, dans le Sud-Ouest. L'invasion allemande de juin plonge le camp dans la confusion.
Profitant de cette désorganisation, des centaines d'internées s'évadent. Arendt, apatride et juive, doit décider : tenter de gagner les États-Unis, demeurer en France malgré l'avancée allemande, ou chercher refuge ailleurs.
Évadée du camp d'internement dans le chaos de l'invasion, que choisit Arendt ?
Arendt s'évade de Gurs dans le chaos de juin 1940, retrouve son mari , puis gagne Marseille. Avec l'aide du réseau de l'Américain , le couple obtient des visas et transite par l'Espagne et le Portugal ; après une attente à Lisbonne, ils embarquent pour New York où ils arrivent en mai 1941. Arendt y deviendra l'une des grandes penseuses du XXe siècle (Les Origines du totalitarisme, 1951) et y obtiendra la nationalité américaine en 1951. Son expérience d'apatride nourrira sa réflexion sur le « droit d'avoir des droits ».









